Dans le cadre du Synode sur la synodalité,
une série de réflexions sur l’autorité dans l’Église,
réflexions que John Wijngaards nous invite à poursuivre.
« Jésus enseignait en homme qui a autorité et non pas comme leurs scribes. »
(Matthieu 7, 29 – TOB)
« Qui vous écoute m’écoute, et qui vous repousse me repousse ;
mais qui me repousse repousse celui qui m’a envoyé. »
(Luc 10, 16 – TOB »

1. « Ne tremblez pas! Je suis votre curé. Je vous dirai s’il fait chaud ou froid! »
Il fut un temps aux Pays-Bas où l’on attendait des prêtres des paroisses locales qu’ils
donnent des leçons de catéchisme dans les écoles secondaires catholiques.
Je me souviens de l’agonie subie par un de mes collègues qui venait d’être ordonné pour le
diocèse de Hertogenbosch. Il avait été nommé à la paroisse de Mill, un grand village
majoritairement catholique de la province du Brabant. J’ai moi aussi servi dans cette paroisse
pendant quelques semaines pour remplacer un prêtre qui était en vacances. C’est pourquoi
j’ai pu être le témoin direct de ses luttes. À la fin de l’été 1962, nous nous rendions ensemble
à l’école secondaire pour donner l’instruction religieuse.
Nous enseignions dans des salles de classe voisines. Si je me souviens bien, il s’occupait
des élèves du niveau deux et moi de ceux du niveau trois.
Alors que je m’adressais aux élèves, certains au fond de la classe continuaient à parler entre
eux. J’ai tapé du poing sur le pupitre de l’enseignant et je les ai réprimandés. Ils se sont
immédiatement replacés. Mais peu après, j’ai entendu du bruit provenant de la classe de mon
collègue. Il y avait des rires et j’ai entendu un vacarme. J’ai donc quitté temporairement ma
propre classe et j’ai regardé ce qui se passait à côté par une fenêtre latérale. Le chaos! Des
élèves debout sur leurs sièges criaient les uns après les autres et se lançaient des livres.
Mon collègue se tenait impuissant à son pupitre devant la classe, levant les bras, mais sans
résultat. Croyez-moi, c’est vrai!
Quand j’ai vu le directeur sortir en courant de son bureau pour rétablir l’ordre, je suis vite
retourné dans ma propre classe. À la fin de ma session d’enseignement, j’ai rencontré le
directeur qui m’a dit que l’autre prêtre était déjà retourné au presbytère.
« Qu’est-ce qui a mal tourné? », ai-je demandé.
« Eh bien, a-t-il dit en haussant les épaules, ton ami n’a pas ce qu’il faut. Il ne prend pas les
choses en main. Ce n’est pas un leader naturel. Les garçons le sentent et en profitent… »
Leadership naturel et leadership imposé
Il est utile de réfléchir à la relation entre notre personnalité et notre autorité. La sociologie
nous apprend que toute communauté ou tout groupe tend à être guidé par ce que l’on appelle
des « leaders naturels ». Il s’agit de personnes qui possèdent les qualités requises pour
inspirer et diriger les autres. Parmi ces qualités, nous pouvons souligner l’aptitude à entretenir
de bonnes relations humaines, un talent particulier dans les compétences exigées par le
groupe, un caractère mature et le sens des responsabilités. Alors que d’autres tentent en vain
de se faire respecter, les leaders naturels seront spontanément reconnus et acceptés par le
groupe.
Sans aucun doute, Jésus lui-même était un leader naturel. Mais il a agi parce qu’il avait été
mandaté. Il a proclamé un message sur la base de l’autorité qui lui a été conférée. Ses
contemporains ont remarqué qu’il ne parlait pas comme leurs scribes. « Vous avez appris
qu’il a été dit …, et moi je vous dis… » (Matthieu 5, 21; 27; 31; 33; 38; 43). Il se savait assigné
à sa tâche par Dieu. L’autorité de Jésus se manifestait aussi dans ses guérisons
miraculeuses et dans son pouvoir de pardonner les péchés. Confronté aux prêtres dans le
temple, Jésus insistait sur le fait qu’il possédait l’autorité pour chasser les marchands. Jésus
a envoyé ses apôtres dans le monde entier en leur faisant prendre conscience de ces
paroles : « Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre » (Matthieu 28,18). Mais
qu’en est-il des apôtres? Ont-ils été choisis par Jésus parce qu’ils avaient des qualités
sociales contribuant à les faire accepter comme des leaders naturels?
Nous savons que Jésus a sélectionné les apôtres avec beaucoup de soin. Avant d’appeler les
douze, Jésus a prié toute la nuit. Il n’a choisi que ceux « qu’il a lui-même sélectionnés ». En
étudiant les évangiles, nous trouvons de nombreux indices qui montrent que Jésus ne les a
pas seulement sélectionnés sur une base spirituelle, mais aussi en tenant compte de leurs
talents naturels. Un certain degré de leadership naturel était sans doute présupposé dans la
sélection des apôtres par Jésus. Mais l’autorité conférée par Jésus ne peut être considéréecomme simplement lié à ces dispositions naturelles. Jésus a apporté quelque chose
d’étonnamment nouveau et d’entièrement différent.
Le type d’autorité que Jésus a donné
Il ne fait aucun doute que dans l’histoire de l’Église les successeurs des apôtres ont souvent
mal exercé leur autorité. La gouvernance de l’Église doit être réformée. Cependant, ce
faisant, la véritable autorité des dirigeants de l’Église ne doit pas être perdue ou minimisée.
Cela nécessite un examen minutieux.
Question
Lorsque nous discutons de la nature de l’autorité dans l’Église, ne devrions-nous pas nous
demander qu’est-ce que Jésus avait à l’esprit? La manière dont l’Église est gouvernée de nos
jours correspond-elle à ce que Jésus voulait?
Texte : John Wijngaards; caricatures : Tom Adcock
Le 3 janvier 2023
Publié en collaboration avec le Wijngaards Institute for Catholic Research [WICR] [Institut de
recherche catholique Wijngaards] © the Wijngaards Institute for Catholic Research
Traduction réalisée par Pauline Jacob et Michel Goudreau à partir de la version gratuite du
traducteur DeepL.
Catholic Scholars’ Statement on the Ethics of Using Contraceptives
Catholic Scholars’ Declaration on Authority in the Church
Documented Appeal to Pope Francis to Request the Re-instatenent of the Ordained Diaconate for Women
Academic Statement on the Ethics of Free and Faithful Same-Sex Relationships