Le pouvoir de chasser les démons intérieurs

7- Le pouvoir de chasser les démons intérieurs

« Ayant fait venir ses douze disciples, Jésus leur donna autorité sur les esprits impurs, pour qu’ils les chassent
et qu’ils guérissent toute maladie et toute infirmité. » (Matthieu 10;1)_TOB
 
« Voici, je vous ai donné le pouvoir de fouler aux pieds serpents et scorpions, et toute la puissance de l’ennemi,
et rien ne pourra vous nuire. Pourtant ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis, mais
réjouissez-vous de ce que vos noms sont inscrits dans les cieux. » (Luc 10; 19-20)_TOB
 

 
Dis donc mon frère. Si on « prend possession » de ce gars, on ne sera jamais à court d’argent! 
 
Voici une triste histoire, basée sur des faits réels.
 
Au cours d’un de mes voyages aux États-Unis, j’ai rendu visite à un riche homme d’affaires de Chicago
et à sa femme. Leur fils Phil avait exercé la fonction de prêtre catholique pendant un certain nombre
d’années. Puis les choses avaient mal tourné.
 
« Il est venu nous voir », m’a dit son père en passant son bras autour de l’épaule de sa femme. Elle
pleurait. Nous savions que quelque chose n’allait pas du tout. Il se mettait en colère, puis il s’asseyait
dans un coin de la pièce en sanglotant et en s’essuyant les yeux. La nuit, il n’arrivait pas à dormir. Il
n’arrêtait pas de se promener dans notre jardin. »
 
« Avez-vous essayé de découvrir ce qui le troublait? », ai-je demandé.
 
« Oui, nous avons essayé. Sans succès. Il ne voulait pas nous parler. J’ai pris rendez-vous avec un
psychiatre. Cela n’a pas marché. Finalement, notre curé a organisé une séance avec l’exorciste du
diocèse. Ce fut un désastre. Phil était furieux. Il est sorti en courant, en nous criant après…
 
« Et puis, le pire de tout, il est rentré à la maison et est monté dans sa chambre. Plus tard, nous l’avons
trouvé mort dans la salle de bain. Il s’était pendu… »
 
J’ai essayé de consoler le couple du mieux que je pouvais. J’avais déjà appris par d’autres sources ce
qui s’était passé derrière tout cela. Phil était tombé amoureux d’une jeune femme. Puis, lorsqu’il a
découvert qu’elle était enceinte, il ne savait tout simplement pas quoi faire. Il n’a pas trouvé la bonne
personne pour l’aider à surmonter la situation difficile dans laquelle il se trouvait. Oui, c’est vraiment
arrivé.
 
Les démons dans les récits évangéliques
 
En Palestine, à l’époque où Jésus vivait, les gens attribuaient les malformations des animaux ou des humains
au fait qu’ils étaient habités par des démons, des esprits impurs. C’était une croyance juive héritée des
civilisations de la Mésopotamie. Rappelons que l’action des infections par des bactéries ou des virus n’avait pas
encore été découverte. Les esprits impurs n’étaient pas considérés comme le diable (Satan).
 
Les gens étaient conscients du fait que certaines forces intérieures sont à l’œuvre dans un corps physique à
savoir la « psyché » qui maintient le corps en vie et, chez les humains, le « pneuma », l’âme. Les démons
étaient considérés comme d’étranges « psychés » malsaines qui voyageaient à la recherche d’un corps à
infester. La maladie mentale chez un homme ou chez une femme était également attribuée à une invasion de
ces démons.
 
Jésus a accepté cette croyance de son époque. Chasser les esprits impurs d’une personne équivalait à la guérir.
Pour Jésus, il ne s’agissait pas seulement d’un rituel extérieur. Cela impliquait également d’entrer en relation avec cette personne, de la traiter comme un individu qui a besoin de soutien.
 
La plupart des récits de guérison dans les évangiles ont été réduits au minimum. Ils faisaient partie de la
tradition orale catéchétique avant d’être mis par écrit. Nous avons donc souvent l’impression que Jésus a
simplement guéri une personne et l’a ensuite laissée à elle-même. Cela n’est pas exact, nous pouvons en être
sûrs. L’histoire plus élaborée d’un homme tourmenté par des esprits impurs nous le confirme. Il vivait dans la
région des Géraséniens, de l’autre côté de la mer de Galilée (Marc 5, 1-20).
 
On nous dit que le pauvre homme restait dans les cimetières ou errait dans des zones désertes, jour et nuit,
sans porter de vêtements. Il poussait des cris d’angoisse et se taillardait avec des pierres. Il était manifestement
mentalement perturbé.
 
Lorsque Jésus a chassé de cet homme une « légion » de démons, l’homme a revêtu une robe et s’est assis
avec Jésus. Les voisins, stupéfaits, ont constaté que l’homme avait retrouvé « son bon sens ». Lorsque Jésus et
ses disciples sont montés dans une barque pour traverser la mer de Galilée, l’homme a supplié Jésus de lui
permettre de l’accompagner. Il a dû dire : « Je veux être l’un de tes disciples. Je peux t’aider dans ton travail! »
 
Conscient de l’instabilité mentale de l’homme, Jésus n’a pas jugé cette décision judicieuse. L’homme avait
besoin d’un rétablissement plus prolongé et complet auprès de ses proches à la maison. Jésus lui donne donc
ce conseil avec douceur : « Non. Retourne plutôt chez toi, auprès de ta famille. Là aussi, tu auras l’occasion de
prêcher la Bonne Nouvelle. Raconte-leur comment Dieu a eu pitié de toi et t’a guéri par sa puissance! »
 
Accompagnement psychologique
 
De nos jours, de nombreuses personnes sont également confrontées à des problèmes de santé mentale. Les
prêtres peuvent leur être d’une aide précieuse, mais cela exige des compétences particulières pour comprendre
les gens et savoir les conseiller. Voici quelques-uns des « esprits impurs » qu’ils rencontreront :

• Le démon de la culpabilité. « J’ai tout gâché. J’aurais dû faire mieux. Rien ne peut réparer le mal que j’ai
causé. »

• Le démon de l’anxiété. « Je ne peux pas m’en sortir. Je crains le pire. Je panique à propos de tout. Je
ne sais pas quoi faire. »

• Le démon de la dévalorisation de soi. « Je ne vaux rien. Pas étonnant que les gens m’ignorent. Je suis
vraiment un moins que rien. Je n’ai rien dont je puisse être fier. »

• Le démon de la dépression. « Je me sens sans espoir, sans valeur, épuisé. Je n’arrive pas à dormir. J’ai
perdu l’appétit. Je ne sais plus quoi faire. »

 

Questions

 

Les responsables de nos églises sont-ils conscients du rôle particulier qu’ils doivent jouer dans ce domaine?
Que, sans sous-estimer l’expertise des psychiatres, les guides spirituels peuvent et doivent apporter leur propre
contribution? Qu’ils peuvent effacer la culpabilité, rassurer les personnes qui doutent, remettre ceux et celles qui
s’égarent sur le droit chemin? Qu’ils peuvent parler au nom de Dieu qui est amour?

 

Texte : John Wijngaards; caricatures : Tom Adcock
Le 14 février 2023
Publié en collaboration avec le Wijngaards Institute for Catholic Research [WICR] [Institut de recherche catholique Wijngaards]

 

© the Wijngaards Institute for Catholic Research
Traduction réalisée par Pauline Jacob et Michel Goudreau à partir de la version gratuite du traducteur DeepL.