Le service sans faste

« Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. Ne vous procurez ni or, ni argent, ni monnaie à mettre
dans vos ceintures, ni sac pour la route, ni deux tuniques, ni sandales ni bâton » (Matthieu 10, 8-10)_TOB.

« Il fait venir les Douze. Et il commença à les envoyer deux par deux, leur donnant autorité sur les esprits
impurs. Il leur ordonna de ne rien prendre pour la route, sauf un bâton : pas de pain, pas de sac, pas de
monnaie dans la ceinture, mais pour chaussures des sandales, “et ne mettez pas deux tuniques”. »
(Marc 6, 7-9)_TOB.


« Des touristes? Faites payer l’entrée! Ils ont de l’argent. »

Au cours de mon ministère en Inde dans les années 1960, j’ai eu le privilège de séjourner dans des résidences d’évêques à travers tout le pays. J’ai constaté que la plupart des évêques vivaient dans des logements convenables et fonctionnels. En fonction des besoins de leur diocèse, ils vivaient dans des maisons suffisamment grandes pour loger leur personnel et le clergé en visite. Il existait toutefois des exceptions.

Lors d’une visite dans le sud de l’Inde, j’ai rencontré une résidence épiscopale aux dimensions vraiment majestueuses. On m’avait dit qu’en prenant un pousse-pousse à la gare, je devais demander qu’on me dirige vers le « palais de l’évêque ». Et c’était vraiment un palais.

Après avoir franchi le large portail d’entrée, nous avons pénétré dans un jardin fleuri. Il y avait des palmiers luxuriants de part et d’autre de l’allée et des paons se promenant entre les parterres de fleurs.

Le palais lui-même comportait deux ailes colossales. L’extérieur était magnifiquement décoré d’images sculptées. Le rez-de-chaussée offrait des pièces spacieuses : une salle de réunion, une salle à manger, un salon, des bureaux et une impressionnante cuisine. À l’étage se trouvaient l’appartement de l’évêque et des rangées de chambres confortables pour les visiteurs. Dans tout le bâtiment, des échantillons de l’art local étaient exposés : tapisseries, statues, peintures et vases. À côté du palais se trouvaient les garages destinés à abriter un certain nombre de voitures, dont la limousine de l’évêque. On m’a dit que l’évêque pouvait se permettre un tel niveau de vie grâce à des terres agricoles appartenant au diocèse.

Je ne blâme pas nécessairement l’évêque en question. Il a probablement hérité de la situation….

Mais quel contraste avec le mode de vie du pape François lorsqu’il était encore le cardinal Jorge Mario Bergoglio, archevêque de Buenos Aires en Argentine. Il avait choisi de vivre dans un petit appartement plutôt que dans l’élégante résidence épiscopale de la banlieue d’Olivos. Il portait ses propres bagages lors de ses déplacements. Il préférait les transports en commun aux limousines avec chauffeur. Il préparait lui-même ses repas.

La direction de l’Église et les finances

Lorsque Jésus a envoyé ses apôtres prêcher en son nom, il ne leur a pas permis de prendre des provisions. Ils devaient aller pieds nus et sans bâton, comme des personnes faisant pénitence. Ils ne devaient pas porter d’argent sur eux sous quelque forme que ce soit. Nous pouvons être sûrs que Jésus prescrivait ainsi ce qu’il avait lui-même pratiqué. Plus tard, lorsque l’Église primitive fut bien établie, il devint impossible de respecter l’exigence de Jésus dans toute sa rigueur littérale. L’évangile de saint Marc, basé sur la prédication de l’apôtre Pierre, a modifié les paroles de Jésus de manière à inclure la permission de porter des sandales et d’utiliser un bâton (Marc 6, 8-9). Il s’agit d’une interprétation qui fait autorité et qui exprime correctement la pensée du Christ.

Il est clair que l’injonction de l’Évangile s’impose encore aujourd’hui aux responsables des églises. Si les moyens ordinaires de vie et de travail sont autorisés (sandales et bâton), le prédicateur de l’Évangile ne peut en aucun cas dépendre de l’argent pour sa tâche spirituelle (pas d’or, pas d’argent, pas de pièces de cuivre). Le disciple ne peut en aucun cas tirer profit de son service : « Donnez sans être payé ». Il doit se contenter de l’hospitalité que lui offre le chrétien ordinaire. Jésus craint manifestement que les richesses matérielles ne deviennent un obstacle à la semence de la parole.

Il est évident que le ministère et l’apostolat ont besoin de moyens financiers. L’équipe apostolique qui entourait Jésus avait une caisse commune pour payer la nourriture et les autres nécessités. Judas Iscariote en était le trésorier. Nous avons besoin d’argent pour payer les bâtiments d’église, les écoles, les hôpitaux, les couvents. L’organisation financière de tout cela doit être confiée à des gestionnaires compétents. Elle ne doit jamais éclipser le ministère spirituel.

Questions

  • Les finances ont-elles été liées à l’autorité dans l’Église?

  • Qui contrôle les finances dans les paroisses et les diocèses?

  • Est-il financièrement intéressant de devenir prêtre et/ou évêque? N’est-ce pas devenu un motif pour devenir prêtre ou évêque dans certains pays?

  • Les prêtres et les évêques sont-ils responsables devant la communauté de leurs
    transactions financières?