Francais Autorite

John Wijngaards (à droite) avec Hans Küng et Bernard Häring (à gauche) discutant de la déclaration de l’Institut Wijngaards sur la gouvernance de l’Église en 2015.

 

RÉFLEXIONS SYNODALES SUR L’AUTORITÉ

 

Depuis le début de 2023, nous publions une série hebdomadaire de réflexions intitulée “L’idée d’autorité du Christ”.

 

L’éditeur de l’édition française est ‘Femmes et Ministères’ (Canada). Traductrice: Dr Pauline Jacob.

 

 

 

1. L’autorite? Oui mais

Lorsque nous discutons de la nature de l’autorité dans l’Église, ne devrions-nous pas nous
demander qu’est-ce que Jésus avait à l’esprit?

La manière dont l’Église est gouvernée de nos
jours correspond-elle à ce que Jésus voulait?

2. Le pouvoir de repandre le royaume de Dieu

  • Notre ministère est-il d’abord et avant tout axé sur la transformation intérieure et spirituelle des gens?

  • Sommes-nous trop préoccupés par les aspects extérieurs de la gouvernance, par la beaurocratie, par l’imposition de règles, par l’administration?

3. Le pouvoir des cles

Accordons-nous la priorité à cette dimension de l’autorité du prêtre?

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4. Le pouvoir de lier ou de delier

Reconnaissons-nous suffisamment que les dirigeants de l’Église, y compris les papes, ont
proclamé des erreurs?

Comment peut-on éviter cela à l’avenir?

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5. Le pouvoir de pardonner les peches

Sommes-nous suffisamment conscients du fait que l’autorité de l’Église est une autorité
spirituelle? Cela signifie une autre sorte d’autorité, une autorité qui vient de « Dieu », la
dimension la plus profonde de l’univers, la puissance mystérieuse qui imprègne la réalité telle
que nous la connaissons?

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6. Le pouvoir de sauver des vies

Les responsables des églises se rendent-ils compte qu’un ministère général auprès des
foules – par le biais de sermons à la messe du dimanche, de brèves séances au
confessionnal ou de conseils pastoraux imprimés – ne suffit pas? Qu’ils doivent créer des
occasions de rencontrer les gens en personne? Qu’ils doivent prendre le temps d’écouter les
histoires individuelles des gens et d’aider à résoudre leurs problèmes spécifiques?

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7. Le pouvoir de chasser les demons interieurs

Les responsables de nos églises sont-ils conscients du rôle particulier qu’ils doivent jouer dans ce domaine?

Que, sans sous-estimer l’expertise des psychiatres, les guides spirituels peuvent et doivent apporter leur propre
contribution?

Qu’ils peuvent effacer la culpabilité, rassurer les personnes qui doutent, remettre ceux et celles qui
s’égarent sur le droit chemin? Qu’ils peuvent parler au nom de Dieu qui est amour?

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8. Le pouvoir de liberation

Les dirigeants de l’Église honorent-ils ce qui était prioritaire pour Jésus? Se concentrent-ils sur l’éducation des gens en vue d’une transformation spirituelle de leur esprit et de leur cœur? Les encoura

gent-ils à vivre de l’amour inconditionnel, à écouter l’Esprit, à être fidèles à leur conscience?

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9. Pas de domination masculine

Jésus aurait-il accepté les raisonnements erronés des savants grecs,  romains et médiévaux?
Lorsqu’il a conféré le pouvoir spirituel à ses successeurs dans le ministère, n’avait-il pas
clairement l’intention d’inclure les femmes?

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10. L’autorite des enseignants

 

L’ordination à la prêtrise ou à l’épiscopat ne confère pas de connaissances théologiques, même si les évêques revendiquent présomptueusement le titre de
« docteur en théologie ». Cela vaut également pour les papes. Ils doivent donc écouter
les conseils des spécialistes qui ont étudié en profondeur l’Écriture Sainte et d’autres
sources de doctrine. Bien que guidés par l’Esprit à leur manière, les prêtres ou les évêques ne bénéficient
pas des connaissances spécifiques acquises par les biologistes, les psychologues, les
sociologues et autres universitaires. Ceux-ci sont également guidés par l’Esprit.  N’est-il pas vrai que les papes récents, tels que Paul VI, Jean-Paul II et Benoît XVI, ont
déclenché un règne de terreur contre les universitaires catholiques? Ils ont condamné
publiquement certains d’entre eux, exigeant un « serment de fidélité » à l’égard de
l’enseignement papal avant de leur permettre d’accéder à des postes d’enseignement
dans les séminaires, les collèges et les universités. Les enseignements récents des papes concernant l’utilisation de la contraception
artificielle dans la planification familiale, l’ordination des femmes, les unions
homosexuelles, etc. sont fortement contredits par les universitaires catholiques. Les
dirigeants de l’Église ne devraient-ils pas plutôt les écouter attentivement?

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11. L’autorite des prophetes

Pourquoi les responsables de l’Église agissent-ils généralement comme si le don de
prophétie s’était perdu à notre époque? Se rendent-ils suffisamment compte qu’ils
devraient prêter attention à cette voix?

Bien sûr, il faut faire preuve de discernement. Certaines personnes honnêtes peuvent
donner des conseils qui, après un examen approfondi, s’avèrent erronés. Mais la
multiplicité des voix peut-elle être si facilement écartée? Si, par exemple, comme
l’indiquent les sondages, des voix appelant des femmes à l’ordination presbytérale sont
soutenues par plus de 70 % des catholiques dans les principaux pays, ne doit-on pas les
écouter? Il n’y aurait aucune autorité prophétique dans leurs voix?

12. L’autorité spirituelle latente partagée par tous

Pourquoi les responsables ecclésiastiques n’informent-ils pas les fidèles que, dans des circonstances particulières où aucun prêtre n’est présent, tout membre qualifié de la communauté peut présider l’eucharistie?

Pourquoi les agents et agentes de pastorale des hôpitaux et des prisons n’apprennent-ils pas systématiquement que, dans des circonstances particulières, ils peuvent eux aussi entendre les confessions et absoudre les personnes de leurs péchés?

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13. L’autorite de la communaute

• La fidélité à l’enseignement du Christ exige que les deux aspects de l’Église soient
maintenus intacts : l’autorité des ministres et l’autorité de la communauté. Une
assemblée sans ministre du Christ, comme un concile sans pape ou un diocèse sans
évêque, ne peut pas être une communauté du Christ. Mais le ministre peut-il
remplacer la communauté? Le pape peut-il annuler le concile? Un évêque peut-il
ignorer les fidèles de son diocèse?
• L’accent mis par le concile Vatican II sur la collégialité des évêques, sur les
conférences épiscopales et sur la nécessité des conseils de pastorale n’a-t-il pas été
largement ignoré? Le pape Paul VI n’a-t-il pas émasculé l’autorité des conseils de
pastorale en inscrivant dans le droit ecclésiastique que leurs décisions ne sont que
consultatives et non décisionnelles?

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14. lautorite du sens de la foi catholique

• L’« autorité enseignante » de l’Église n’a-t-elle pas, au cours des derniers siècles,
totalement ignoré le « sens de la foi »?
• Et pourquoi rejeter les informations fournies par les sondages? De nombreux
sondages sont assez perfectionnés. Si, comme ils le révèlent, jusqu’à 70% des
catholiques pratiquants dans les principaux pays croient que les femmes devraient
être ordonnées prêtres, ces résultats peuvent-ils être rejetés d’emblée?

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15. Une dignite commune

De nos jours, l’Église a réaffirmé la dignité essentiellement égale de tous ses membres. Avons-nous
vraiment assimilé toutes les implications de cette réaffirmation?
Il n’y a donc, dans le Christ et dans l’Église, aucune inégalité qui viendrait de la race ou de la
nation, de la condition sociale ou du sexe […] Même si certains, par la volonté du Christ, sont
institués docteurs, dispensateurs des mystères et pasteurs pour le bien des autres, cependant,
quant à la dignité et à l’activité commune à tous les fidèles dans l’édification du Corps du Christ,
il règne entre tous une véritable égalité. ( Vatican II, Le Mystère de l’Église, no 32)

Si nous pensons qu’une perte de statut social implique nécessairement une perte d’autorité, ne se pourrait-il
pas que nous ayons mal compris le type d’autorité auquel Jésus pense? Si l’autorité de Jésus n’implique pas
la revendication d’un statut supérieur, pourquoi les dirigeants de l’Église le réclame-t-ils?

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16. Pas dimmunite contre le droit civil

Ces dernières années, la position officielle sur l’immunité des clercs a changé, mais le démontrons-nous dans les faits? Si des évêques ou des prêtres font du tort à une autre personne, sommes-nous du côté du clerc ou de la victime?

Coopérons-nous pleinement avec les autorités séculières qui enquêtent sur des comportements répréhensibles ou des crimes commis par des personnes ordonnées?

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17. Le ministere dans les temps a veni

• Notre monde technologique axé sur la science crée de nouvelles possibilités qui
posent également de nouveaux dilemmes moraux. Comment l’autorité spirituelle doit-elle répondre à ces défis de notre époque moderne?
• Dans ce nouveau climat, les dirigeants de l’Église écoutent-ils également l’Esprit qui
s’exprime par l’intermédiaire d’experts – biologistes, psychologues, sociologues, etc.?

18. les femmes ordonnees diacres

• Pourquoi les autorités ecclésiastiques hésitent-elles encore à ordonner des femmes
diacres – malgré la validité des preuves évidentes?

• Pourquoi priver les communautés catholiques du leadership et des services que ces
femmes pourraient fournir?

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19. Le service sans faste

• Les finances ont-elles été liées à l’autorité dans l’Église?
• Qui contrôle les finances dans les paroisses et les diocèses?
• Est-il financièrement intéressant de devenir prêtre et/ou évêque? N’est-ce pas devenu
un motif pour devenir prêtre ou évêque dans certains pays?
• Les prêtres et les évêques sont-ils responsables devant la communauté de leurs
transactions financières?

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20. Pas de ce monde

Depuis Vatican II, beaucoup de choses se sont améliorées dans l’Église. Le palanquin du
pape n’est plus entouré de plumes d’autruche impériales, comme c’était le cas autrefois. Les
cardinaux ne déploient plus une traîne rouge de dix mètres sur le sol de la cathédrale,
comme je le voyais encore à l’époque préconciliaire. L’ostentation a été réduite. Mais le
message sous-jacent est-il toujours présent : « Je suis différent de vous. J’habite une sphère
plus élevée que la vôtre… »?

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21. Les sermons

• Nos homélies dominicales au langage mielleux proclament-elles vraiment le message de Jésus aux
gens de notre époque?
• Nos adolescents, nos adolescentes et nos adultes instruits sont confrontés à de sérieuses pressions de
la part des médias de notre époque séculière qui ignorent la religion ou qui y sont souvent hostiles. Ne
devrions-nous pas, par nos sermons, relever le défi et proclamer notre foi d’une manière qui ait du sens
pour nos contemporains?

22. reforme de lautorite discussion avec les opposants

• Lorsque les responsables de l’Église de notre époque estiment qu’ils doivent condamner certains pointsde vue comme étant erronés, comment peuvent-ils en même temps apporter un soutien pastoral aux personnes qui défendent ces points de vue ?

• Que font les responsables de l’Église pour réunir les membres des deux courants opposés dans un
échange d’opinions amical et fructueux??

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23. Reforme de lautorite pas a pas

• Sommes-nous prêts à accepter un lent processus de réformes? Sommes-nous conscients que tout changement dans les doctrines et les pratiques actuelles de l’Église devra être accompagné d’explications, d’une série d’instructions qui s’adressent à la fois aux traditionalistes et à l’ensemble des fidèles?

• Admettons-nous la nécessité d’introduire des changements par étapes, comme l’ordination de femmes
comme diacres avant de les ordonner prêtres?

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24. Reforme de lautorite permettre une plus grande diversite au niveau regional

• Les responsables de l’Église sont-ils conscients des énormes différences culturelles et sociales qui existent entre les différents pays et continents?

• Lorsque des réformes de la pratique ecclésiale sont décidées, la mise en œuvre de ces réformes doit-elle être imposée partout en même temps? Ou bien les conférences épiscopales de ces pays et continents ne devraient-elles pas être autorisées à introduire progressivement des changements en fonction des besoins et des exigences locales?

 

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25. Refome de lautorite puet on eviter un schisme

• À tous les niveaux de l’Église, il existe des groupes traditionalistes. Ils forment souvent des cercles fermés dans lesquels les membres se convainquent continuellement les uns les autres à résister au changement. Pouvons-nous, d’une manière ou d’une autre, pénétrer dans ces cercles et entamer une discussion significative?

• Les réformes de Vatican II n’ont souvent pas été acceptées par les gens parce que leur justification n’avait pas été correctement expliquée. Les responsables de l’Église prendront-ils désormais soin de fournir des informations détaillées sur les motifs et les raisons lorsqu’ils introduisent des réformes?

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26. La réforme de l’autorité – elle se fera!

Croyons-nous, à tort, qu’être fidèle à la sainte Tradition signifie s’accrocher à la manière dont les choses étaient dans le passé? Ne nous rendons-nous pas compte qu’au contraire, la sainte Tradition, qui remonte à Jésus lui-même, implique que les responsables de l’Église ont l’autorité nécessaire pour relever de nouveaux défis et emprunter de nouvelles voies?

Avons-nous le courage d’écouter l’Esprit et de poursuivre des réformes responsables?

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